En réunissant un corpus de 500 lettres - dont 140 totalement inédites - adressées à 139 destinataires différents, Mon sans gêne d’épistolier notoire vise à combler une lacune en donnant une vision continue de l’activité littéraire et artistique de Gaston Chaissac (1910-1964) sur 27 ans, de 1937 à 1964. Cette anthologie met en lumière la cohérence d’une oeuvre où peintre et écrivain sont indissociables. Dès ses débuts, Chaissac revendique son statut d’écrivain réalisant ainsi le rêve de son enfance. Le choix du mode épistolaire fait écho par ses spécificités au choix des matériaux dans l’œuvre plastique. Il lui confère au-delà de son aspect documentaire un caractère littéraire singulier qui renforce l’attrait pour cette figure atypique du XXe siècle. Ses interlocuteurs, parmi lesquels Raymond Queneau, Jean Dubuffet, Jean Paulhan, ne s’y trompèrent pas, faisant montre de curiosité et d’intérêt pour ses audaces verbales et son style si particulier.