Connue du grand public notamment pour ses marmites de Noël, clochettes, uniformes et soupes collectives, l’Armée du Salut est, au départ (1865), une institution typiquement protestante et anglo-saxonne : l’un de ces innombrables Réveils qui agitent périodiquement les Églises protestantes.Particularité : elle a tenté, dès 1881, de convertir Paris, la ville « sans Dieu », avant de se réfugier dans les traditionnelles terres huguenotes. Après des débuts chaotiques, elle a connu une institutionnalisation, rassurant les autres dénominations protestantes puis une partie croissante des élites et de la classe politique. La raison ? Un virage social pris très vite, en particulier par la figure de W. Booth à Londres à qui l’on attribue la devise : Soup, soap and salvation. Ce virage a fait d’elle, de manière toujours plus affirmée au cours du XXe siècle, un acteur de premier plan dans l’assistance accordée aux clochards, aux hommes et femmes seuls dans les grandes villes, aux prostituées…Ce livre raconte l’épopée d’une armée pacifiste qui a imprimé sa marque au Paris de l’entre-deux-guerres en association avec Le Corbusier (Palais de la Femme, Cité de Refuge, péniche Louise-Catherine…) et a su s’imposer bien au-delà de ses origines religieuses protestantes en dépit de ses détracteurs (dont le régime de Vichy). Fil rouge de cette enquête historique, la question sur sa véritable nature : réveil religieux ou ministère social ?