Un auteur et son éditeur au XVIIe siècle
Une enquête philologique sur les rapports ambigus entre l’homme le plus puissant du Capitole de Toulouse au xviie siècle, Germain de Lafaille, et le grand poète de langue occitane Pierre Godolin.En 1678, l’homme le plus puissant de l’hôtel de ville de Toulouse, Germain de Lafaille, est l’instigateur d’une édition des oeuvres du grand poète toulousain de langue occitane Pierre Godolin. C’est une date importante car cette édition servira de base à toutes celles qui se succéderont jusqu’au début du xixe siècle. Pourtant, dans cette vaste entreprise éditoriale, Lafaille dissimule son identité sous le pseudonyme de Tircis. Pourquoi ? Et pourquoi précisément à ce moment exhumer l’oeuvre d’un poète mort trente ans plus tôt ? Dans sa jeunesse, Lafaille a connu personnellement Godolin et le discours qu’il produit sur l’homme qu’il « aimait tant » n’est pas exempt d’une certaine ambiguïté amoureuse. En même temps, la mise en avant de l’oeuvre du poète occitan de Toulouse relève d’une stratégie de construction politique au service de la ville. Quelques années plus tôt, Lafaille a conçu et fait réaliser le projet d’une Salle des Illustres, placée au sein du Capitole, afin de rendre hommage aux personnalités les plus marquantes de l’histoire toulousaine. Godolin y a sa place. Éditer son oeuvre, c’est se souvenir de l’homme et aussi assurer le renom d’une grande oeuvre produite à Toulouse, dans sa langue.