Ce livre souhaite contribuer à déminer le ressentiment musulman en démontrant que l’islam ayant, lui aussi, exterminé, colonisé et persécuté, il serait bien inspiré de renoncer à ses rancunes, de pardonner à ceux qui ont maltraité ses adeptes et de demander pardon pour les crimes qui ont été commis en son nom. Les Occidentaux mènent à bien ce travail d’autocritique et de repentance, lentement et avec des hésitations parfois, mais avec une vraie persévérance. L’islam, non. L’auteur montre qu’il n’est pas possible, pour la paix dans le monde, que perdure un tel déséquilibre dans la repentance. Les hommes et les femmes de dialogue ont des alliés en terre d’islam, de l’Iran à la Tunisie : des femmes, des intellectuels, des artistes, des journalistes, une partie de la jeunesse. Pour les aider à réduire les forces belliqueuses, il faut d’abord les aider à discréditer le discours victimaire hégémonique au sein des sociétés musulmanes.Car, depuis les travaux de René Girard, nous savons bien que le discours victimaire est toujours celui du bourreau qui prend son élan. Les victimes réelles se plaignent, parfois, mais le plus souvent se murent dans le silence ; ceux qui rêvent de massacrer leur prochain, l’Histoire nous l’apprend, commencent toujours par produire un discours victimaire. Ancien Grand Reporter et collaborateur de plusieurs journaux français et étrangers, David Emton a publié de nombreux ouvrages dont le best-seller primé Le Secret de Dieu (Albin Michel, 2012).