Les nouveaux atours, à la fois modernes et intemporels, d’une icône littéraire, musicale et… féministe !Carmen est une icône absolue. Née sous la plume de Prosper Mérimée dans une nouvelle écrite en 1845, l’indomptable Carmen sera, trente ans plus tard, au cœur du célèbre opéra de Georges Bizet, qui reste aujourd’hui l’un des plus joués au monde. Mais qu’en a-t-on retenu, au-delà d’un amour « enfant de bohème » et d’un exotisme hispanisant ? Sans doute pas l’essentiel, à savoir la relation toxique entre une jeune femme solaire, libre, insaisissable — ni ange docile, ni victime passive — et José, un soldat taiseux qui se perd en croyant aimer, jusqu’à commettre un crime inqualifiable. Sous la danse, le soleil et le mythe, se dessine la violence d’une relation où le désir se déforme peu à peu en risque d'emprise et de folie tragique.Face à Carmen, José ne sait pas aimer sans posséder. Il perd son métier, son honneur, ses repères ; il rejoint une troupe de brigands, affronte ses rivaux, et s’enfonce dans une spirale de jalousie, de mélancolie et de violence. Plus Carmen affirme sa liberté, plus il veut la retenir. Plus elle lui échappe, plus son amour se change en dramatique volonté de possession.Adaptée par la scénariste Simona Mogavino et le romancier et scénariste Arnaud Delalande, Carmen retrouve dans cet album exceptionnel ses atours originels : ceux d’une jeune femme qui danse sa vie dans un monde d’hommes, libre de son corps, de ses désirs et de ses choix — jusqu’où, et à quel prix ?Mais cette Carmen est aussi relue à la lumière de notre époque : celle d’une femme bientôt victime de ce que l’on appelait autrefois un « crime passionnel », et que l’on peut aujourd’hui réenvisager à travers le prisme de l’emprise des violences faites aux femmes et du féminicide.Mis en images par Paolo Castaldi, qui livre des compositions picturales aussi charnelles que précises, ce Carmen offre le meilleur du mythe tout en l’éclairant d’une lumière contemporaine, révélant comme jamais sa portée universelle et féministe.