Les titres défraient la chronique : « trafic de stupéfiants, les victimes de plus en plus jeunes », « exploitation sexuelle des mineurs », « radicalisation à l’adolescence », etc. Derrière ces sujets graves, qui renvoient souvent à des réseaux constitués et qui exposent les jeunes, se niche une notion complexe : celle d’emprise. Elle désigne l’ascendant intellectuel ou moral qu’une ou plusieurs personnes exercent sur une autre, et nous parle de domination, de manipulation, d’asservissement, de mécanismes d’adaptation. Et, pourtant, la relation d’emprise n’est pas toujours perçue comme telle. Elle a, en effet, parfois cela de trompeur qu’elle peut donner l’impression d’une complicité entre ses protagonistes. Pour l’anthropologue Pascale Jamoulle, « réduire l’emprise à une relation toxique entre un bourreau et sa victime (…) revient à méconnaître sa dimension systémique, le poids de l’environnement (…) et la variété de ses formes ». Alors de quoi relève cette relation ? Est-elle opérante pour décoder les enjeux actuels ? Quels sont les mécanismes qui la rendent possible ? En quoi l’adolescence est-elle un âge de vulnérabilité propice à l’emprise ? Comment accompagner, prévenir, permettre un repérage précoce des situations ?