Satire sociale aussi féroce que sanglante, Battle Royale provoque une véritable onde de choc à sa sortie dans les salles japonaises, en l’an 2000. Avec ce film inaugurant un millénaire abordé avec une certaine fébrilité, le réalisateur japonais Kinji Fukasaku pose les bases de tout un genre, lui-même initié par un certain comte Zaroff, en 1932… À travers le portrait d’une jeunesse en perte de repères, Battle Royale dresse une critique acerbe d’un Japon post-« golden era », en proie à toutes les dérives. Politiquement, socialement, Battle Royale est un cri de rage, interrogeant la responsabilité de l’État, les tentations populistes, le rôle des médias et la banalisation de la violence à l’ère du tout-spectacle. Réduit par certains à une déferlante de violence gratuite, le film révèle pourtant une profondeur qui dépasse largement cette lecture superficielle. Plus d’un demi-siècle plus tard, son influence demeure considérable : de la série coréénne Squid Game à la franchise américaine The Hunger Games, Battle Royale irrigue encore la culture populaire et ne cesse de résonner avec le présent. Sur une note plus légère, Otomo poursuit son voyage en terre nipponne avec un sommaire éclectique : des 40 ans de Spielvan à l’arrivée du très attendu jeu vidéo Orbitals, en passant par un détour du côté du Godzilla Universe avec Gamera, qui célèbre son anniversaire – et bien d’autres friandises made in Japan.