1968, le fond de l’air est rouge. Si l’heure de la révolution semble sonner partout, c’est pourtant vers les étoiles que regardent les spectateurs de cinéma. 2001 : L’Odyssée de l’espace vient de sortir en salle, un an avant Easy Rider. Et si c’était lui, le film emblématique de la contre-culture ? Écrit au Chelsea Hotel, épicentre de la Beat Generation, le chef-d’oeuvre de Stanley Kubrick a été façonné dans l’antre des mondes alternatifs et du psychédélisme. Il ouvre surtout une séquence dans laquelle le cinéma de science-fiction devient le grand documentaire d’anticipation d’un monde où les utopies vacillent face à la promesse de nouvelles catastrophes. Nous entrons alors dans les années soixante-dix. Aux quatre coins du globe, de nombreux films n’imaginent pas seulement notre avenir dans des dystopies reflétant les angoisses écologiques, politiques, technologiques et sociales du moment , ils font aussi de ces histoires troublantes les miroirs d’un futur devenu plus que jamais notre actualité.