L’État de Droit est aujourd’hui un paradoxe. Il se veut l’expression juridique de la démocratie, mais il confère à des instances non-élues le pouvoir de bloquer les politiques publiques. Il se veut « garantie » contre les dérives autoritaires, mais par son refus de toute finalité, il institue un arbitraire qui s’ignore. Il se veut « État », mais il dilue la société dans les droits individuels. Le principe de cet État, c’est la liberté, mais son fruit, c’est une contrainte grandissante. L’État de Justice, c’est un État de Droit qui a trouvé un sens à son existence. Un État dont le premier devoir est de rendre à chacun ce qui lui revient. Un État qui encourage les citoyens à contribuer au bien commun. Un État qui unit les intérêts de ses membres, et fait de la cité, selon la formule de Cicéron, la « société du droit ». Le principe de cet État, c’est la justice, mais son fruit, c’est la liberté.