Comment éviter l'étrange défaite qui vient
Un manifeste puissant, inspiré par Marc Bloch, qui pose les grands principes d'un plan de refondation de l'École afin qu'elle soit à nouveau conforme à la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. L'ouvrage défend l'idée que la crise actuelle n'est pas seulement scolaire mais « une étrange défaite » intellectuelle et morale, et que l'École doit redevenir le cœur battant de la Nation.De quoi ça parle ?L'avant-propos rappelle, avec Marc Bloch, qu'aucune institution ne se bâtit sans plan et qu'aucune réforme timide ne suffira : c'est « une révolution qui s'impose ». En référence à L'Étrange défaite, les auteurs lisent la faillite contemporaine de l'École comme la matrice du délitement national — une défaite « à la fois de l'intelligence et du caractère ».Le manifeste est structuré en trois grandes parties.Première partie — Qu'est-ce que l'école ?Rappel de la double naissance de l'École : Pythagore et l'invention grecque de la science comme recherche désintéressée de la vérité, puis la Révolution française et l'instruction publique conçue par Condorcet comme condition de la liberté politique. Les auteurs montrent comment cette École républicaine s'est dégradée au point d'apparaître comme un simple guichet social, une « gigantesque garderie » désertée par le sens. Ils identifient, à la suite de Marc Bloch, deux causes à cet effondrement : d'une part la déchéance de la place symbolique du maître, désormais soumis à l'élève ; d'autre part une administration technocratique irresponsable, pilotée par des ministres réduits à l'impuissance et coupés du réel.Deuxième partie — L'effondrement de l'ÉcoleSept chapitres décrivent cliniquement cet effondrement :« L'élève devenu roi » : hyper-individualisme et logique consumériste, élève-client qui conteste les savoirs au nom de ses droits.« L'enseignant n'élève plus, il se vend » : professeurs contraints d'acheter la paix sociale, menacés, autocensurés, pris sous les pressions des élèves, des familles et de la hiérarchie.« Une liberté pédagogique conditionnelle » : contestations, violences, autocensure massive qui vident la liberté d'enseigner de sa substance.« Le renversement de l'autorité » : disparition des figures d'autorité, confusion entre autorité et autoritarisme, société « sans pères », montée du harcèlement.« L'effondrement du niveau scolaire et la suggestion émotive » : baisse des acquis fondamentaux et jeunes livrés aux manipulations affectives et aux entrepreneurs de colère, faute d'école émancipatrice.« L'injustice scolaire » : promesse de mobilité sociale non tenue, trente ans d'éducation prioritaire aux résultats décevants, voie professionnelle mal transformée, pseudo-décentralisation qui dilue les responsabilités.« L'égalité, les discriminations, les violences racistes et antisémites » : climat scolaire dégradé, laïcité fragilisée, montée des violences identitaires au sein même de l'école.Troisième partie — Vers une nouvelle allianceLe manifeste propose quatre chantiers de refondation :Renouveler notre alliance républicaine autour de l'École, en réaffirmant la nature politique et symbolique des services publics contre leur réduction à de simples prestations.Réhabiliter la place symbolique de l'enseignant — statut, savoir, autorité, rémunération, formation — pour restaurer la relation de transmission.Instaurer une réelle justice scolaire, par une allocation lucide des moyens, une évaluation honnête des dispositifs et une exigence égale pour t