Auteur d'un poème anti-militariste au temps de la Première Guerre mondiale, Brecht est très tôt une bête noire du Parti nazi. Au tournant des années 1930, devenu marxiste et célèbre, marié à une comédienne juive, il incarne « le bolchévisme culturel » et « l'art dégénéré » honnis par Goebbels. En 1933, après l'incendie du Reichstag, il quitte l’Allemagne. Suivent quinze ans d'exil où, depuis sa table de travail, il mène sa propre guerre, obstinée, contre le nazisme, écrivant non seulement pièces de théâtre et poèmes, mais aussi des essais politiques : sur le rôle des écrivains dans la lutte antifasciste, la langue allemande désormais contaminée par la phraséologie nazie, ou le théâtre, perverti en grand spectacle. Des textes qui reprennent tout leur sens aujourd’hui.