Madeleine Riffaud
Entre 1965 et 1967, plus de 1 600 000 tonnes de bombes ont été lâchées sur le Vietnam, soit 39 kg de bombe par habitant. Si la guerre du Vietnam est le premier conflit médiatisé à outrance, très rares sont les journalistes qui choisissent alors d’en rendre compte du point de vue nord-vietnamien. Madeleine Riffaud est de ceux-là. En 1966, c’est à Hanoï qu’elle décide de se rendre, sous les bombardements américains qui redoublent d’intensité. Publié une première fois en 1967, ce livre est le carnet de route de ces deux mois passés en immersion totale parmi les Vietnamiens en lutte. Plus qu’un reportage, c’est un document historique que nous donne ici en héritage la journaliste. Elle y raconte les réalités de cette guerre postcoloniale et la résilience d’un peuple déterminé à défendre sa souveraineté. Madeleine Riffaud ne sera jamais du côté de ceux qui bombardent les populations civiles.Si Dans les maquis Vietcong, Madeleine témoigne de la lutte des Sud Vietnamiens contre le gouvernement allié des Américains, Ecrits sous les bombes détaille la vie sous pression des habitants du Nord. La lutte militaire, armée, mais aussi comment la population nord-vietnamienne vit la guerre tout en ne sacrifiant rien de leurs idéaux ou de leurs habitudes quotidiennes.Alors que la presse européenne est surtout présente dans le Sud, Madeleine est l’unique femme reporter de guerre à être présentes à Hanoï et Haïphong, et à écrire sous les bombes larguées quotidiennement par les Américains.