Enquête sur la prédation culturelle russe en Ukraine
Les livres, les toiles de maître, les musées... Tout ces pillages sont bien connus en temps de guerre. Ce qui change avec le vidage des musées ukrainiens depuis 5 ans par l'armée russe est la mise au point d'une doctrine politique: Effacer si ce n'est anéantir la mémoire de l'adversaire. Les livres et tout ce qui est véhicules de savoirs sont détruits par les bombes. Les trésors archéologiques, le patrimoine ukrainien, eux, sont volés non pas uniquement pour se livrer à la contrebande, au bon plaisir des oligarques et au trafic international, mais pour être intégrés à la mémoire russe. L'Ukraine aurait ainsi perdu la propriété de 1,7 million de pièces de son patrimoine national en cinq années de guerre. Le peuple ukrainien et ses racines anciennes n'ont jamais existé, selon les théoriciens du Kremlin.Alain Guillemoles, journaliste spécialiste de la Russie à la Croix, s'est rendu notamment à Kherson, emblématique de tous ces musées victimes de l'appétit de Moscou.