Sous la sage apparence de méditations sur une vertu, ce livre est testamentaire. Un testament joyeux, drolatique, désarçonnant, qui s’amuse à mettre en relief tempérance et intempérance là où ni l’une ni l’autre ne sont attendues. Tout être tempérant connaît ses limites psychiques et physiques, et donc se sait être fini. Tout être intempérant se croit sans limite, et c’est vertu s’il voit toutes choses à partir des fins dernières. Paradoxe des paradoxes avec lesquels l’autrice joue à satiété pour notre plus grand plaisir (on rit et sourit à chaque page), en passant sans transition d’épiques querelles de voisinage aux plus épineux débats théologiques, sublimés, comme elle en avait l’habitude, par de hautes considérations oenologiques.