Derniers feux est le premier livre que j'ai écrit et le troisième que j'ai publié. Il se présente comme un manuel d'apprentissage pour les jeunes écrivains. En trois parties (avant, pendant et après l'écriture), il évoque la vocation, le salariat, le don d'observation, les "malgré que" chez Proust, la documentation, le journal intime, les archaïsmes, les préfaces, la "guerre avec Pascal", les virgules, le sentiment étymologique, les macaronis sans fromage et beaucoup d'autres questions ; il est précédé d'un texte sur les pères, les prêtres et les maîtres, et suivi d'une étude sur le style des écrivains contemporains (Angot, Lévy, Houellebecq, Queffélec, Garcin, etc.).J'ai très peu retouché ce livre, quelles que soient ses maladresses ; des pages qui prétendraient n'avoir pas de rides mentiraient sur l'essentiel : elles appartiennent à un itinéraire personnel, que l'on répugne à dévier. D'ailleurs, ce qui a changé en trente ans, dans la manière d'écrire, de publier et d'être lu, ne contredit pas, je crois, ce qui est dit, ici, des maîtres, de l'inhibition et de la solitude. S'il y a une idée obsessionnelle dans ces pages, c'est celle des remords et de la culpabilité : "On doit moins se sentir capable que coupable d'écrire." Or, comme disait Laurent du Chaix à propos de l'éviscération de ses ennemis : "Je ne sache pas l'idée très populaire." BL