Inspirés du recueil Les trente-trois noms de Dieu de Marguerite Yourcenar, ces trente-trois tableaux introduisent chacun à leur façon une scène théâtrale dans un décor de désolation où règne l'angoisse des exclus et des oubliés face à la mort.Les personnages qui y figurent ne peuvent plus agir sur leur destin et vivent des instants de silence durant lesquels ils semblent attendre qu'advienne l'invraisemblable. Ainsi, la pièce égrène une succession d'images, de sons, de visions, de sensations et d'événements qui ont marqué leur vie. Ils ont en commun la tristesse et le frisson qui parcourent les êtres humains au seuil de leur vie.Le plateau y est considéré comme une transition entre des images diffuses (relatives à la mort) et la finitude de notre corps. C'est aussi une proposition ludique face à l'espace tragique du destin individuel.La dimension éphémère de ces tableaux accroît notre sentiment du tragique et du destin. Fragiles comme la nature humaine, ils sont le lieu de l'oeil qui regarde, qui observe, une main, une bouche, un bras. Ils sont pareils à un derme qui sépare la scène du public, pareils à une toile transparente sur laquelle la figuration de situations au bord de l'abîme semble se composer. Itzel Lara nous restitue cette rêverie, encore une fois de son écriture ténue et délicate.