« Prérogatives du Congrès confisquées au profit de la Maison-Blanche, justice mise au pas, universités sous tutelle, médias publics fermés, agences fédérales muselées, Garde nationale déployée hors de tout mandat légal, police de l’immigration érigée en police politique : la liste est longue, Monsieur le Président.Par hubris, vous êtes en train de faire ce qu’aucun de vos prédécesseurs n’aurait osé : mettre en placeaux États-Unis un régime autoritaire bâti autour du culte de votre personnalité. Par hubris, oui, et non par idéologie. Car vous n’avez jamais eu de colonne vertébrale politique. Pour retrouver le pouvoir, vous vous êtes arrimé à cette extrême droite crypto-fasciste qui vous a porté à la Maison-Blanche en 2025, sans voir, ou sans vouloir voir, que celle-ci poursuivait un projet plus radical encore que celui qui vous avait conduit à lancer vos partisans à l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021. Un projet qui entend vous survivre. Quitte à vous marginaliser. Quitte à vous instrumentaliser. Et qui pourrait bien, demain, imposer à l’Amérique ses “Lumières sombres”. Une Amérique que pourtant, j’ose croire, vous chérissez encore.Vous n’êtes pas le chef de cette révolution, Donald. Même si elle porte votre nom, le trumpisme, vous ne l’avez jamais été. Vous tenez encore les manettes du pouvoir, mais vous n’êtes, en réalité, que le porte-étendard, l’instrument, d’une vague qui vous dépasse et à laquelle vous aurez contribué à livrervotre pays, et peut-être avec lui, une bonne part de l’Occident.L’Histoire retiendra que vous rêviez d’en être le conquérant. Elle fera de vous ce qu’elle a toujours faitde ceux qui, par ambition et aveuglement, se sont faits les valets de la bête immonde : du temps de mes grands-parents, cela portait un nom. »