L'absurde comme horizon dans le discours de l'IA
L’IA n’est pas intelligente. Moteur de calcul de probabilité relié à toutes les données générées par les humains dans tous les domaines, sa puissance n’est plus à démontrer ; mais affirmer sa capacité à être intelligente ou créative relève soit du non-sens soit de la manipulation.La révolution de l’IA est moins liée à la technologie qu’au discours qui l’entoure : discours de l’algorithme plus intelligent que l’homme, discours simultané de lendemains qui chantent et d’apocalypse, discoursd’inéluctabilité, discours de soumission et de surveillance, discours de remplacement de l’être humain. Présentée comme le destin de l’homme, l’IA représente une double rupture dans l’histoire de l’humanité : celle de l’être humain investissant des ressources gigantesques pour organiser son propre dépassement, et celle de l’avènement d’un totalitarisme économique au bénéfice d’une poignée d’entreprises-léviathans et de leurs dirigeants.Ouvrir les yeux et voir la dynamique en cours pour ne pas tomber dans l’engrenage que La Boétie décrivait dans son Discours de la servitude volontaire : « Il n’est pas croyable comme le peuple, dès lors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubli de la franchise, qu’il n’est pas possiblequ’il se réveille pour la ravoir, servant si franchement et tant volontiers qu’on dirait, à le voir, qu’il a non pas perdu sa liberté mais gagné sa servitude ».