Jean-Louis Pelletier fut l'un des derniers grands fauves du barreau français. Une voix, un accent du Sud, une présence, et cette faculté presque inexplicable de faire vaciller les certitudes d'une cour d'assises. Pendant plus d'un demi-siècle, il côtoya le crime, la prison et les grandes heures de la justice française. Jacques Mesrine, Albert Spaggiari, Philippe Maurice, Francis le Belge, Valérie Subra, Dany Leprince, Redoine Faïd... autant de noms qui racontent une époque où les procès criminels passionnaient la France et où quelques mots prononcés par un avocat pouvaient encore changer le destin d'un homme.Mais Jean-Louis Pelletier ne défendait pas le crime. Il défendait l'homme qui se trouvait derrière. Coupable, innocent, célèbre ou inconnu, chacun conservait à ses yeux le droit d'être défendu. Lorsqu'il se levait pour plaider, souvent sans notes, porté par cette voix dont tant de confrères gardèrent le souvenir, celui que l'on ne voyait plus que comme un criminel redevenait, l'espace d'un instant, un être humain. De Hyères aux palais de justice, Pascal Dague retrace le parcours d'un avocat brillant, généreux, orgueilleux, parfois excessif, mais aussi celui d'un homme du Sud, d'un père, d'un compagnon, profondément attaché à la Méditerranée.Comment défendre un homme sans défendre son crime ? Pourquoi plaider lorsque tout semble déjà perdu ? Et que reste-t-il d'un grand avocat lorsque sa voix s'est tue ?Plus qu'une biographie, L'ENCHANTEUR raconte une certaine idée de la défense et une époque judiciaire aujourd'hui disparue. Jean-Louis Pelletier a quitté les prétoires. Mais certaines voix ne se taisent jamais tout à fait. La sienne avait un nom : L'Enchanteur.