La construction d’un champ intellectuel sous les étiquettes de « pensées du vivant », de « tournant ontologique de l’anthropologie », de « tournant non humain » ou encore de « néomatérialisme » a conduit à des polémiques dans les débats écologiques contemporains. La critique de la modernité dualiste qui rassemble ces penseurs et penseuses cristallise notamment des tensions avec certains tenants de l’écomarxisme. Récusant une opposition frontale entre ces approches, il s’agit ici d’interroger la possibilité de leur complémentarité selon trois axes : les interprétations de l’histoire de la pensée moderne qui visent à nuancer le récit trop simple d’un dualisme entre la nature et la culture , les modalités d’une articulation entre la critique du capitalisme et celle de la modernité , les limites et les apports de l’humanisme anthropocentriste.