Un grand préfet de Corse sous la Monarchie de Juillet
Honoré Jourdan du Var (1787-1859), issu d'une famille d'armateurs et de négociants installée à Fréjus, fit carrière dans l'administration sous la Monarchie de Juillet. Fervent bonapartiste dès sa jeunesse, il participa activement aux actions politiques locales contre les royalistes, notamment durant les Cent-Jours. Après avoir été condamné sous la Restauration, il s'exila temporairement dans la péninsule italienne avant d'être gracié. En 1830, il fut nommé préfet de Corse, un poste qu'il occupa pendant quinze ans -- un record de longévité -- et où il devint un relais central du pouvoir orléaniste, notamment du clan Sebastiani. Son autorité en Corse fut marquée par un mélange d'efficacité administrative et de pratiques clientélistes et autoritaires. Il joua un rôle clé dans la structuration du pouvoir local, tout en menant parallèlement des affaires personnelles lucratives, notamment dans le commerce du bois et la navigation. Il fut impliqué dans plusieurs scandales financiers, notamment le détournement présumé des fonds du «â€Â¯monument Napoléonâ€Â¯» à Algajola. Il acheva sa carrière en tant que préfet des Basses-Alpes en 1845, puis en tant que maire de Fréjus à partir de 1848.