Derrière chaque livre il y a une histoire, une rencontre, une pensée, une étincelle qui met le feu aux poudres créatrices. Ici, il est question d’amitié. Celle qui me lie à Valentin. Il était l’entraineur de basket de mon fils. J’admire les gens qui donnent du temps généreusement pour les enfants. Nous sympathisons. On se marre bien. C’est souvent pour moi un révélateur puissant. Puis, il me raconte son parcours de vie. Passionnant. Né au Rwanda et adopté à l’âge de trois ans, il est aujourd’hui un juriste réputé. Il a réussi alors que beaucoup autour de lui ont échoué. Il a éveillé ma curiosité. Un jour au détour d’une conversation, il me dit : « je crois que j’ai l’humour de mon père ». Mon père adoptif voulait-il dire. Ah donc on n’hérite pas de l’humour ? La machine à question s’était mise en route dans ma tête. Et elle a rapidement tourné à plein régime. Je me suis document. J’ai creusé. L’inné, l’acquis, l’épigénétique. Passionnant. Et pourtant réel. Mais, car il y a un sacré mais, je n’avais encore jamais écrit de roman ! J’étais moi-même à un moment de ma vie où j’avais besoin de changement. Une petite voix m’a dit « chiche ? ». je lui ai répondu « banco ». Je savais que Valentin voulait relancer son association des 1 000 collines avec laquelle il projette de rénover des écoles dans son pays natal, et notamment une à côté du village où il a retrouvé son père biologique récemment. Je lui expliqué mon projet : « Je vais écrire un roman et on va le vendre au profit de ton association ». Il m’a regardé en souriant, il savait pourtant que cette fois je ne plaisantais pas !