Paris, fin des années 70, Quartier latin. Trois femmes, lycéennes mineures ou à peine majeures, croisent la route d'un même homme, un trentenaire paresseux mais cultivé, noctambule invétéré, au discours éblouissant. Il aime par-dessus tout transmettre ses connaissances à un cercle d'adeptes, jeunes de préférence.Il leur apprend à vivre. Elles ne se connaissent pas. Héloïse est fille de militants politiques, Alice est orpheline et aristocrate, Vassilia est immigrée venue d'ex-Yougoslavie. Chacune a ses racines et son histoire, calme ou mouvementée, mais toutes ressentent la solitude et aspirent à une vie meilleure.Au début, cela ressemble à trois belles histoires d'amour, rares, inouïes. Elles sont, leur dit-il, des femmes exceptionnelles, dont l'intelligence naturelle ne demande qu'à se développer; Mais après la séduction, surgit l'enfermement mental et une vie de désordre, teintée de folie et ponctuée de drames. Incapables de s'échapper, elles vivent des évènements rocambolesques, traversent l'envie de mourir, la liberté qu'on entrevoit et le combat pour la gagner. Parfois, pendant des années.Autour d'elles, la famille, les amis, les institutions, les négligent, parfois les enfoncent. Mais aussi viennent des main tendues, des regards justes, au bon moment, des soutiens inespérés. Là où on ne s'y'attend pas. Elles en seront changées, pour toujours.Des liens ont été brisés, mais la vie continue, et on tente d'oublier. Mal. On se tait avec l'impression de cacher un monstre à l'intérieur de soi. Jusqu'à ce que les trois jeunes filles devenues femmes se retrouvent et parlent, enfin.Dans un récit âpre et bouleversant, Héloïse Geste raconte trois « éducations sentimentales » profondément cruelles.