L'organisation du travail colonial en Asie et dans le Pacifique aux XIXe- XXe siècles
Qu'elles soient françaises ou étrangères, les études, dédiées à la place occupée par le courtage ("brokerage") dans la migration manquent cruellement de profondeur historique. Ce volume tente de combler cette lacune : il revient sur l'histoire des intermédiations dans l'organisation du travail migrant au sein de l'empire colonial français d'Asie et du Pacifique au cours de la première moitié du 20e siècle, en s'appuyant sur les études historiques française ayant investi ce champ depuis plusieurs années, ainsi que sur des monographies originales conduites dans le cadre de l'Empire français d'Asie et du Pacifique, à partir de certaines filières de travailleurs migrants qui l'irriguèrent, des années 1850 aux années 1950 : les "coolies", chinois, javanais, mélanésiens, vietnamiens et leurs intermédiaires. Le terme d'intermédiation renvoie à l'organisation de la migration de travailleurs - recrutement, acheminement, mise au travail, rapatriement ou retour - par des intermédiaires dans le cadre du travail colonial, sous ses différents régimes. Qui étaient ces marchands et entrepreneurs de main-d'oeuvre, ces "brokers" et leurs employés ? Quels sont les ambiguïtés et les clichés qui les entourent, dès l'époque coloniale et encore de nos jours ? Il s'agit de saisir les figures sociales et politiques de ces agents essentiels des relations de travail, qui demeurent un enjeu fondamental pour l'historiographie, aussi bien de la colonisation que celle des migrations actuelles de travail, particulièrement en Asie et dans le Pacifique.