Une critique marxiste du capitalisme numérique
Dans un contexte marqué par la généralisation de l’intelligence artificielle et la centralité croissante des infrastructures numériques, cet ouvrage propose une lecture marxiste des transformations contemporaines du capitalisme. Il s’attache à replacer les innovations techniques — souvent présentées comme inévitables ou neutres — dans les rapports sociaux qui les conditionnent, et à analyser les mutations du travail, des subjectivités et de la production à l’ère algorithmique. Mobilisant les apports théoriques de Marx, Engels, Luxemburg, Gramsci, Lukács, Clouscard et quelques autres auteurs marxistes, l’ouvrage défend une thèse claire : l’IA n’est pas un acteur autonome, mais une technologie historiquement située, orientée par les logiques d’accumulation, de surveillance et de contrôle propres au capitalisme numérique. Le livre articule trois axes principaux : 1. Une analyse critique des discours technologiques dominants et de l’idéologie de l’automatisation. 2. Une étude des restructurations du travail induites par l’IA, entre dépossession du travail vivant et recomposition des collectifs de production. 3. Une réflexion stratégique sur les conditions d’une réappropriation démocratique des technologies, à travers les luttes sociales, les formes alternatives de gouvernance technologique et les expérimentations concrètes. Loin de tout rejet de la technique, il s’agit ici d’examiner les usages possibles de l’IA en rupture avec les logiques du marché, dans une perspective d’émancipation sociale. L’écomunisme numérique est proposé comme hypothèse stratégique et outil conceptuel pour penser la démarchandisation des infrastructures, la planification démocratique du numérique et la réhabilitation du travail vivant comme puissanceinstituante. Par cette approche, ce livre entend contribuer à une pensée critique des technologies et à l’élaboration de pistes concrètes pour une transformation radicale de leurs finalités et de leur gouvernance.