L'art du bonheur
L’inventeur du web, Tim Berners-Lee, interrogé en 2014 sur ce qui l’avait le plus surpris dans le développement d’Internet, a répondu : le succès des vidéos de chats. Chats-stars du web, publicités mettant en scène des bébés joufflus, collectionnisme de figurines, rondeurs et yeux démesurés des personnages de dessin animé, goût pour le rose ou l’arc-en-ciel… Jamais le mignon ne semble avoir été aussi présent que dans notre monde actuel. Notre espace visuel, culturel, médiatique ou numérique, reflète cette fascination au quotidien pour ce que les Anglo-saxons appellent le cute et les Japonais le kawaï. Ce goût se retrouve également chez nombre d’artistes qui s’emparent dans leurs œuvres non seulement de la force visuelle mais aussi du pouvoir émotionnel du mignon. Ils mettent en scène ce besoin de douceur, de tendresse, sans occulter pourtant une certaine acidité présente derrière la beauté du sucré. De même, le nouveau domaine de recherche universitaire des cute studies gagne progressivement l’histoire de l’art qui s’intéresse désormais notamment à l’histoire du rose, ou réétudie différemment la représentation animalière, dont la relation des artistes à leurs animaux. Les œuvres d’art ancien que nous regardons comme mignonnes aujourd’hui l’étaient-elles pour les contemporains de leur création ? L’ouvrage sera l’occasion de chercher à travers les siècles, voir les millénaires, les origines du mignon et l’évolution des sentiments en art.