Récits
Ombres sorties du néant, mortes au néant, puis ombres ressuscitées d’instant en instant, un pas après l’autre(extraits du texte qui introduit ) / ils dansent avec tant de joyeux courage et de solennelle dignité. Ils vont, ils viennent, ils savent / la grâce confine à la mort qui surviendra en voleur ou en trompettes / et pourtant, ils continuent de danser, d’inviter aux plaisirs, aux rêves des sens, aux fêtes charnelles / « Tu verras », semblent-ils dire, « comme seront riches nos nuits d’amour. Enivrantes, vertigineuses. » « Mais plus loin, au-delà de ce bel horizon, tu verras aussi comme leur succèdera une autre nuit, ininterrompue. Une nuit sans merci et sans recours » / dans une salle de bal d’une longueur de hall de gare, ou sur un plateau immense, en plein air, alors qu’ils effectuent des révolutions / ils baissent les yeux, leurs pupilles s’agrandissent et s’égarent, ils se laissent aborder par une conscience malheureuse / quand on évoquera ces instants, quand s’imposera leur image vivante, on aura une pensée pour eux, pour les silhouettes raffinées en bordure du brouillard, des bancs laiteux à la dérive au-dessus de terre sombre et des cours d’eau / on se les racontera, un à un, comme ils se présenteront, comme ils apparaîtront, dans la salle de bal toute en longueur ou sur le vaste plateau / il y aura eu tant de noblesse naturelle dans chacun de leurs gestes, tant de distinction, dans la liesse et l’affliction. On ne taira rien /