Dans l'écrasante majorité des travaux et des écrits consacrés aux animaux, la question du prix et du statut marchand de l'animal est demeurée jusqu'alors un angle mort. L'idée d'une construction spécifiquement économique des animaux et de ce qu'on continue d'appeler l'animalité continue d'être largement sous-estimée. Cet essai entreprend de saisir comment les mécanismes économiques de monétisation sont occultés alors même qu'ils demeurent déterminants dans notre manière de construire l'idée d'animal : caractère performatif du prix rabaissant la bête au rang de « marchandise » ; dimension substantiellement économique des usages de l'animal (sources motrices, viande, laine, lait, etc.) ; effacement de toute intériorité animale au profit du jeu des « besoins » et des intérêts humains; etc.