Recueil de contes où Emile Bergerat mêle chronique parisienne, satire sociale et fantaisie mordante. D'un village breton aux Batignolles, d'une place des Ternes sous la Commune aux tribunes d'assises, chaque histoire pousse une idée jusqu'à l'absurde - avec un sens du trait, du dialogue et de la chute. On croise Yan Béjarec, « faiseur d'enfants », devenu recours clandestin des stérilités et des héritages ; Bibi et Coco, titis de mai 1871, qui ramassent un vicaire mourant et lui rapportent, dans une candeur déconcertante, le ciboire et les burettes ; ou encore « Le premier mot », où un bébé muet prononce soudain un mot qui foudroie la table familiale. Bergerat s'amuse aussi de l'occulte (« Un cas de psychomancie »), des faits divers retournés par le rire (« L'étranglé hilare ») et des manoeuvres familiales (« Le coup de la belle-mère »). Plus loin, un peintre en quête de « motif » tombe sur la reconstitution d'un crime pour le cinéma naissant, tandis que « Le mariage de Cambronne » revisite une anecdote de l'Empire. Une lecture idéale pour qui cherche des nouvelles françaises du XIXe siècle, acides, vives, et pleines d'observations sur les moeurs, la justice, la religion et la politique.