Les revendications en termes d'objection de conscience, ou les demandes d'attestation juridique du droit de se soustraire à une obligation ou un devoir légalement organisé, sont souvent considérées comme un moyen de gérer les oppositions ou éthiques divergentes dans les sociétés démocratiques contemporaines.On constate parallèlement un autre phénomène, celui d'un usage politique de la conscience et des convictions religieuses. Elles participent en effet pour certaines d'une stratégie de remise en cause du droit commun, au nom d'un droit naturel supérieur, de valeurs civilisationnelles ou de valeurs morales.Le gouvernement et le contrôle des corps constitue un domaine central de cette politisation de l'objection. L'auteur analyse la mobilisation du droit et des tribunaux par les groupes conservateurs, aux États-Unis, en France et devant la Cour européenne des droits de l'homme, dans le but d'imposer des modifications restrictives du droit en matière d'IVG et de mariage homosexuel, à travers le recours à la revendication d'inscription de clauses de conscience dans la loi ou à la demande d'exemption devant le juge.Points fortsUne réflexion majeure sur l'instrumentalisation du droit et de son application, au service du contrôle de son corps mais aussi de celui des autres, et de l'affirmation sociale d'une sexualité légitime