L'histoire d'une incompréhension. Des relations entre Israël et le général de Gaulle subsiste d'abord, dans l'imaginaire collectif, la conférence de presse du 27 novembre 1967, au cours de laquelle le chef de l'État qualifie le peuple juif de " peuple d'élite, sûr de lui et dominateur ", déclenchant l'ire d'une grande partie de la communauté juive - en France et ailleurs. Ainsi, Charles de Gaulle était-il vraiment antisémite ? Les habituels tropes méfiants à l'égard de la communauté juive survivaient-ils chez cet homme élevé dans une tradition conservatrice et nourri aux écrits de Barrès et de Péguy ? Et au-delà de cette conférence de presse, quel regard peut-on porter sur les rapports entre l'homme du 18 juin et l'État hébreu ? Comment la politique de la France au Proche-Orient a-t-elle évolué après le retour au pouvoir du général de Gaulle ? Comment faut-il alors comprendre cette déclaration de novembre 1967 ? Ces questions, comme de nombreuses autres, ont animé le colloque d'envergure organisé en 2023 par la fondation Charles de Gaulle et réunissant les meilleurs historiens et universitaires, français comme étrangers (Arnaud Teyssier, Benjamin Stora, Samy Cohen, Ilan Greilsammer, Haïm Korsia). Sont ainsi passés au crible tous les aspects de la relation du Connétable avec le peuple juif et l'État d'Israël, de la mémoire de l'affaire Dreyfus à ses rapports avec David Ben Gourion, en passant par la participation des Juifs dans les instances de la France libre et l'évolution de ses réflexions sur le conflit israélo-palestinien. Un document d'exception, plus que jamais au coeur de l'actualité, qui dessine une relation empreinte de curiosité, d'ouverture et de combats partagés, sans faire abstraction des blessures.