L'histoire très politique d'un mythe. Sociale et politique, la question de notre ancestralité – et la recherche d'une origine commune – en dit bien plus sur la manière dont nous nous concevons en tant que société aujourd'hui que sur ce que nous avons été. Et, si beaucoup d'entre nous pensent offrir une réponse qu'ils jugent convaincante, les connaissances sur lesquelles se fondent ces assertions sont bien souvent bancales : nos ancêtres, ce sont les Gaulois et/ou les Francs, parce c'est " ce que tout le monde dit ", ce que l'on a appris, sans même penser à le contester. Mais en réalité, qui sont nos ancêtres ? Et surtout, que dit de nous cette quête qui, bien que multiséculaire, s'impose aujourd'hui comme centrale alors que se multiplient les discours identitaires ? Le choix d'un mythe fondateur résulte toujours d'une démarche arbitraire, intrinsèquement liée à une volonté de définir les contours de notre société et de nos identités – et, de fait, de choisir ceux qui en font partie, en légitimant cette discrimination par un supposé fondement historique. Qu'en est-il réellement ? Qui sont nos ancêtres, et, surtout : qu'est-ce que ce mythe et son histoire donnent à saisir, en creux, de ceux qui s'en revendiquent ? Un livre qui montre comment et pourquoi la France s'est inventé des ancêtres –; et ce que ce récit dit de nos peurs contemporaines.