Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’histoire et aussi l’image que l’on se fait de la religion des Grecs de l’Antiquité changent. Un manuel écrit aujourd’hui a peu de chance de ressembler à ceux d’il y a 30 ans, 20 ans et même, plus étonnant, à ceux d’il y a 10 ans. Deux phénomènes expliquent une telle opinion. Le plus évident tient à l’importante modification des outils de cette connaissance : la prise en compte il y a relativement peu de temps de la façon particulière qu’ont eu les Grecs de nommer leurs dieux. Et puis, et c’est la matière même de ce livre, il est une autre raison plus intime si l’on veut.On ne vit pas impunément depuis plus des décennies avec des questions plus ou moins complexes d’histoire de la religion grecque, questions auxquelles on a tenté de donner soi-même des réponses, sans que lesdites questions continuent à nous tracasser, tarabuster, sans qu’on ait la curiosité de se tenir à l’affût de tout ce qui pourrait éclairer notre lanterne. La raison d’être de ce livre tient pour beaucoup au souci que j’ai eu de revenir non seulement sur mes travaux anciens mais surtout, grâce aux avancées des recherches communes, de modifier mes points de vue sur des questions centrales à propos des Grecs en général et leur rapport au divin, disons leur religion.