Parlant de Jésus, Martin Buber disait qu'il fut « le plus juif de tous les juifs ». Il est vrai que sur les plans spirituelet religieux, Jésus est d'abord juif, et l'étude du Jésus de l'histoire ne peut ignorer ni la totale judéité du Nazaréen, ni sa revendication à être le verus Israël. Aujourd'hui, nous connaissons le Jésus de l'histoire àtravers le regard que portaient sur lui ses disciples et les évangélistes. Or ceux-ci ont été influencés par lesproblèmes que rencontraient leurs églises particulières, et ont laissé entendre que Jésus avait répondu à cesquestions au cours de son ministère. Aussi, le lecteur moderne doit toujours se demander si chaque passagedes évangiles appartient aux ipsissima verba de Jésus ou s'il représente une opinion plus tardive ayant cours dans les premières communautés chrétiennes. Encore que, en tant que telle, cette opinion n'est pas nécessairement « inauthentique » en ce qui concerne la pensée de Jésus. Immense connaisseur de la littérature préchrétienne des premiers siècles et exégète de renommée internationale, André Lacocque nous fait découvrir un « autre » Jésus, plus intime et plus incarné.Traduit par Jean-Marc DegreveProfesseur émérite de littérature hébraïque au Chicago Theological Seminary, André Lacocque est le Directeur émérite du Center of Jewish-Christian Studies. Il est l'auteur de nombreux livres dont plusieurs coécrits avec le philosophe Paul Ricoeur.