Les Colères qui ont fait l'histoire
L’histoire vise à donner du sens au passé en le présentant sous la forme d’un récit structuré. Pourtant, la rationalité que l’on prête aux acteurs historiques s’enracine toujours dans des ressorts profondément humains : les émotions, et parmi elles, la colère. Cette évidence, que rappelle l’observation de la nature humaine, a pourtant longtemps été négligée. Si l’étude des émotions connaît un essor depuis plusieurs décennies, la colère reste une émotion sous-explorée, souvent dévalorisée en raison des préjugés qui l’entourent. De l’Antiquité à nos jours — avec un renouveau notable d’intérêt — philosophes, médecins et psychologues l’ont pourtant analysée. Articuler la colère au récit historique, en mobilisant les outils méthodologiques existants, ouvre ainsi une perspective originale pour comprendre la construction du passé. Chaque chapitre invite à aborder la colère sous un angle différent — thématique ou chronologique — en s’appuyant sur des grandes figures, témoins de leur temps, pour renouer avec le récit général de l’histoire qui se raconte et s’écrit.