Mon visage, c’est moi. Associer le visage à l’identité est courant dans l’espace public et social, qu’il s’agisse des photos sur nos papiers officiels, des « selfies » postés sur les réseaux sociaux, ou encore de la reconnaissance faciale. Pourtant, ce lien est le fruit d’une longue construction sociale et culturelle.C’est à partir du 16e siècle que le concept d’individu apparaît et que le visage devient représentatif de la singularité. Dès le 17e siècle émergent les premières tentatives de lire les mouvements de l’âme dans les traits du visage grâce à la physiognomonie. Un siècle plus tard, Lombroso va plus loin en dressant le portrait type du criminel à partir des traits du visage. Ce type de tentative visant à décrypter une personne en considérant son apparence faciale, toujours prégnante aujourd’hui, invite à interroger non seulement la notion d’identité, mais aussi la dimension symbolique du visage.Alors est-il si aisé de proclamer « mon visage c’est moi » ? Que font de cette affirmation les personnes défigurées ou transplantées ? En s’appuyant sur des expériences qui sortent de la norme établie, mais aussi en faisant appel à l’histoire sociale et culturelle, à la philosophie, à la photographie et au cinéma, Aurore Mréjen prend du champ et interroge un lieu familier.