Les cimetières juifs en France : histoire, mémoire, patrimoine
Le dossier thématique qui ouvre ce nouveau numéro d’Archives juives est né d’un double constat : la marginalisation, de leur vivant, des femmes artistes issues du monde juif et leur sous-représentation, jusqu’à une période récente, au sein des collections institutionnelles.En tant que femmes, ces créatrices durent d’abord imposer auprès de leur environnement familial leur désir de devenir artistes. C’est ensuite dans un milieu majoritairement masculin qu’elles firent leurs débuts. Plusieurs d’entre elles, originaires d’Europe orientale, trouvent en France, et notamment à Paris, un asile et un foyer artistique propice à la création. Sous l’Occupation, exclues des écoles d’art et de l’enseignement, sans emploi, coupées du milieu artistique, internées dans les camps du régime de Vichy, cachées ou exilées, elles continuent à produire autant que leurs conditions précaires le permettent. Au lendemain de la guerre, les femmes occupent une toute petite place au sein des collectifs d’artistes juifs ayant survécu à la Shoah qui se constituent à Paris.Autour de Pascale Samuel, conservatrice des collections d’art moderne et contemporain du Musée d’art et d’histoire du judaïsme (Paris), les contributrices et contributeurs de ce dossier retracent l’expérience singulière de plusieurs de ces femmes artistes à travers, notamment, une série de portraits croisés qui font écho à l’actualité culturelle : les peintres Alice Halicka et Charlotte Henschel, la dessinatrice Sonia Steinsapir et la danseuse Paula Padani ont toutes fait l’objet d’une exposition au Musée d’art et d’histoire du judaïsme en 2025.Un article de mélanges consacré au regard de Antoine de Saint-Exupéry sur le régime de Vichy et une notice biographique sur la photographe Denise Bellon complètent cette exploration du monde de la création en France pendant et après la Shoah.