Vers une écologie normativeC’est un peu l’histoire d’un enseignant-chercheur découvrant sur le tard qu’il va devoir scier la branche de l’arbre vert sur laquelle il est depuis longtemps assis. Le décalage entre les prétentions des politiques publiques à protéger l’environnement et l’inquiétante évolution du monde dans lequel prennent place les affaires humaines suscite aujourd'hui l’étonnement. Les scientifiques de tous ordres ne parviennent pas vraiment à influencer une opinion publique pétrie de contradictions et des gouvernants empêtrés dans des espaces et des temporalités toujours plus désajustés. L’environnement, domaine d’intervention récent de la puissance publique, s’est frayé un chemin en réaction à un modèle économique et juridique posant désormais un problème. Le droit demeure en effet ambivalent et flirte, sans l’aborder clairement, avec le problème auquel il prétend réagir… : presque tout, ici, se fait alors symptôme. L’heure est venue de dire ce dont le spectacle environ-mental où nous gesticulons est le nom et pourquoi il est urgent d’échafauder, pour faire face au drame en cours, un droit mésologique pensé à partir d’un cadre écologique. Que pourra, alors, l’écologie normative à bord d’un vaisseau dont on cherche le gouvernail et où l’air et les vivres viendraient à manquer ?