Santé, données personnelles et bioéthique à l'épreuve des technologies numériques
Application toute récente des neurosciences, les neurotechnologies permettent de capter et de moduler l’activité cérébrale via des implants, des casques EEG ou des techniques de stimulation, ouvrant des perspectives spectaculaires pour compenser certains handicaps (paralysie, maladie de Parkinson, perte de la parole, surdité, cécité).Mais ces avancées restent expérimentales, coûteuses et comportent des risques encore mal connus pour le cerveau et l’identité des patients. En parallèle, un marché florissant promet de « doper » les cerveaux en bonne santé (bien être, apprentissage, performance au travail, jeux vidéo) sur des bases scientifiques souvent fragiles. La technique du neurofeedback a notamment pour objectif de permettre à chacun d’apprendre à auto-réguler son activité cérébrale…Ces dispositifs servent aussi à surveiller l’attention, le stress et la vigilance à l’école, en entreprise, dans les transports ou dans l’armée, ouvrant la voie à un contrôle des comportements. Portés par l’idéologie transhumaniste et les intérêts industriels, ces usages menacent la vie privée mentale, la liberté cognitive et accentuent les inégalités.Devant l’essor de ces technologies, il devient urgent que des cadres éthiques et juridiques robustes soient mis en place afin que les neurotechnologies servent réellement la santé et les droits humains, plutôt qu’une société de contrôle.