À gauche, dans les luttes
Personne n'aime le conflit. Il est pourtant parfois nécessaire et même précieux pour construire les collectifs politiques. À nous d'en faire un outil fécond, plaide l'essayiste féministe Elsa Deck Marsault, sans tomber dans les pièges du « moralisme progressiste » qui reproduit des logiques d'exclusion et de violence. Sectarisme partisan, jargon d'initiés, postures militantes, incapacité à s'écouter, figent et clivent parfois inutilement les espaces de lutte. Or comme le rappelle la militante et écrivaine Juliette Rousseau : « Militer, c'est travailler à se retrouver plus qu'à se distinguer ». La puissance collective se construit en effet en surmontant des divergences de points de vue et en faisant primer le fond sur les logiques d'appareil. En témoignent par exemple la victoire contre le méga entrepôt Green Dock à Gennevilliers ou le travail des associations pour peser durant les municipales. Convoquant l'expérience du Front populaire, l'historienne Ludivine Bantigny rappelle enfin que les gauches ont parfois su écrire l'Histoire malgré leurs profonds désaccords. Une leçon à méditer d'ici à 2027 ?