Provoquer plutôt que séduire : telle pourrait être la nouvelle devise d’une partie du design contemporain. Le « trolldesign » émerge là où l’objet cesse d’être consensuel pourdevenir friction. Il ne cherche pas l’adhésion immédiatemais l’accroc, le doute, parfois le rejet. En exagérant lessignes, en flirtant avec le kitsch ou l’absurde, il met à nu lesmécanismes du goût et les logiques d’adhésion collective.Ni simple pastiche ni pur sabotage, ce design critiques’apparente à une mise en tension du regard. Il oblige àvoir autrement, à interroger ce que l’on accepte comme« beau » ou « désirable ». En cela, il rejoint une approcheconceptuelle où la fonction s’efface derrière le discours.Ce qui importe alors n’est pas tant l’objet que l’effet qu’il produit : un léger déséquilibre, une hésitation du regard. Danscet interstice, le design retrouve peut-être une fonction oubliée non pas résoudre, mais questionner.